Portrait d'athlète : Thibaut Garrivier

Photo : ©Peignée-verticale

Thibaut Garrivier est un nom bien connu dans le monde de ll’ultra-trail. A 31 ans, il est désormais installé du côté d’Annecy. Ses journées s'articulent autour de son sport et de son métier de radiologue.

"Il faut rester humble par rapport à la distance, je n’ai jamais couru plus de 13h donc là c’est au moins 20h, c’est totalement différent. Au niveau de l’effort ressenti c’est plus du double, je pense."

Bonjour Thibaut, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Thibaut Garrivier, j’ai 31 ans, j’habite la région d’Annecy, je suis médecin radiologue à temps partiel et traileur au sein du Team Hoka.

Tu as débuté par le ski de fond quand tu étais plus jeune, comment es-tu arrivé dans le trail ?

J’ai fait du ski pendant quelques temps pendant mes années lycée et je suis parti faire mes études de médecine à Marseille. C’est là que j’ai commencé à faire beaucoup plus de course à pied pour me défouler on va dire. J’ai débuté le trail en faisant une course qui s’appelle le Trail de Gapen’cimes à côté de chez moi. C’est une course que j’avais envie de faire, c’était en 2012.

Tu as gagné sur la CCC l’année dernière, peux-tu nous parler de ta performance ?

Je pense que c’est la plus grosse performance que j’ai réalisée jusqu’à aujourd’hui, c’était une course un peu particulière car j’avais fait 2ème deux ans avant et il y a eu la COVID entre temps. J’étais motivé à l’idée de faire une meilleure course. Simplement j’ai subi une grosse blessure qui a duré 1 an, je n’ai pas pu courir pendant 12 mois. Il y avait cette incertitude sur la forme physique mais la motivation était décuplée. Je connaissais le parcours, les temps de passage, mes adversaires. J’ai pu gérer la course comme je l’entendais.

Tu as fini 2ème sur le Madère Ultra Trail à la fin du mois d’avril derrière Jim Walmsley, comment as-tu vécu la course ?

Cette course c’était la première pour moi où je passais une nuit dehors. C’était la particularité de cette course, j’avais ce côté-là à découvrir, je n’avais pas une sérénité à 100%, d’autant que je m’étais bloqué le dos 5 jours auparavant en coupant un arbre. Il y avait plusieurs facteurs qui rendaient la tâche compliquée. J’ai réalisé une course sérieuse pour cette époque de l’année et sur une distance que je découvrais. Jim devant, c’était clairement un autre niveau sur la fin de course, il n’est pas concurrençable.

Tu habites désormais à Annecy, comment se passe le changement de vie ?

Cela fait pas mal de changements, aussi bien au niveau professionnel que personnel. Je suis passé d’un temps plein à un temps partiel. J’ai plus de temps maintenant, je m’entraîne légèrement plus qu’auparavant mais surtout je peux profiter davantage, j’essaye de mieux gérer la partie récupération. J’essaye d’aller chez le kiné, de faire un peu de préparation physique.

Également, le fait d’avoir déménagé à Annecy me permet de courir plus régulièrement en montagne. Lorsque j’étais à Lyon je courais presque exclusivement sur du plat, je faisais des week-ends en montagne, mais sinon le reste du temps je courais sur les quais du Rhône.

Tu devais t’aligner sur le 90 km du Mont Blanc, il a finalement été annulé, la déception doit être immense ?

Complétement ! Cela a été une déception immense car je m’étais vraiment préparé pour cette course. C’est la première année où je fais des ultras. Nous devons sélectionner des courses et celle-ci était clairement une des gros objectifs de ma saison. Je cours sur 4-5 événements sur l’année dont 3 grosses donc c’est très décevant.

De plus, il s’agissait de la course de sélection pour le championnat du Monde.

En ce moment, je sens que je suis à mon meilleur niveau, cela ne va pas durer dix ans, c’est une occasion ratée pour gagner une course, c’est dommage. C’est une course où j’aurai pu jouer la gagne, je m’en sentais capable.

Ton futur objectif est l’UTMB ? comment se passe la préparation ?

Je suis en ce moment même en stage en altitude à Val Thorens. Je profite d’être à 2500 m, de m’entraîner un peu plus, de bien récupérer. Je vais aller faire une reconnaissance partielle du tour du Mont-Blanc avec des athlètes de la Team Hoka et je remontrais en altitude début août.
Je fais actuellement un stage de 8 jours, je vais redescendre pour récupérer un peu et je vais remonter quelques jours pour affiner la préparation.

Je ne recherche pas le bénéfice ultime de l’altitude comme un triathlète qui va faire les jeux olympiques par exemple. L’effet de l’altitude il est continu, même si tu ne fais pas 3 semaines de stage, tu vas ressentir quand même des effets qui seront peut-être moindre mais ce sera toujours bénéfique. D’autant plus que je limite le risque de surentraînement, de fatigue.

Comme je ne suis pas professionnel, je ne peux faire des stages en continu c’est impossible.

De grands noms vont s’aligner, quelle place vises-tu ?

Je ne vais pas viser de place spécifique sur cet UTMB, c’est plutôt un projet sur 2/3/4 ans, mon objectif premier est d’arriver au bout avec mes qualités. Je sais que si j’arrive à faire une course qui est correcte, la place sera plutôt bonne. Après je ne peux pas avoir des ambitions de place, c’est assez compliqué car je n’ai jamais fait ces courses-là. Je n’ai jamais fait de nuit complète dehors. En partant à 18h, il y a beaucoup trop d’inconnus clairement pour viser une place pour un premier rendez-vous comme celui-ci. Il faut rester humble par rapport à la distance, je n’ai jamais couru plus de 13h donc là c’est au moins 20h, c’est totalement différent. Au niveau de l’effort ressenti c’est plus du double, je pense. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Il faut voir si ça passe déjà car certains n’arrivent jamais à passer sur cette distance, on l’a vu déjà plusieurs fois, il y a de nombreux exemples. Déjà il faut s’acquérir du fait d’être capable de courir cette distance, il faudra apprendre de cela avec mon coach et aller corriger des choses par la suite. L’objectif de performance à l’avenir, je ne me cache pas, c’est vraiment de gagner la course, je m’entraîne pour ça.

Mais voilà, ce n’est pas l’objectif pour cette année !

Quels sont tes axes de progression selon toi ?

Pour moi je dirai tout d’abord de moins me blesser, je suis assez embêté par mes tendons, j’ai des problèmes tendineux récurrents, beaucoup de tendinites. J’ai mis en place de la préparation physique cette année, j’aimerai bien que cela paye.

Je pourrais faire le bilan après l’UTMB car pour l’instant sur des courses de 100 km, je pense que je suis dans le bon niveau mondial. Je pourrais parler des montées, j’ai encore une marge de progression je pense.

Je vais avoir pas mal d’enseignement après l’UTMB justement par rapport à la gestion de la nuit, etc… Il faut que je fasse la course et je ferai le bilan après. Pour le moment je suis un peu dans l’inconnu, c’est difficile de définir des axes de progression.

Tu utilises Nolio avec ton entraîneur Patrick Bringer, qu’est-ce que la plateforme t’apporte ?

Elle m’apporte beaucoup de choses ! Premièrement, je dirai de la clarté et de l’ergonomie. Je pense être quelqu’un d’assez organisé dans la vie de tous les jours. Avec mon boulot de médecin à côté, j’ai une vie assez remplie on va dire. L’ergonomie de la plateforme me permet d’échanger facilement avec Patrick, je lui mets mon planning professionnel et lui il me prépare le planning d’entraînement en fonction de mes disponibilités.

Ensuite je consulte à postériori les suivis de charge. Depuis ma grosse blessure en 2020 j’essaye de faire plus attention à cela.

C’est grâce à Nolio que je me suis remis à m’entraîner avec un cardio, pour avoir un suivi de charge le plus précis possible. Je suis un fan de vélo, j’adore utiliser le capteur de puissance pour voir ton profil de performance, je l’utilise régulièrement. Je fais également mon suivi de poids grâce à la plateforme, cela m’a permis d’avoir quelque chose qui regroupe tous ces éléments de suivi. C’est vraiment l’ergonomie qui me frappe sur Nolio, la facilité d’utilisation, la clarté et la modularité. Tu peux choisir n’importe quel indicateur, c’est vraiment super, tu caches ceux qui ne t’intéressent pas et tu as ton tableau de bord avec toutes les informations que tu as choisi.

Récemment j’ai commencé à utiliser l’indicateur de gestion du sommeil, j’ai effectué pendant quelques temps le suivi HRV lorsqu’il avait été intégré sur la plateforme. Il y a de nombreux outils, j’aime analyser à postériori à titre personnel vraiment.

Tu connais bien Tao Quemere un de nos ambassadeurs, vous vous entraînez souvent ensemble ?

Souvent non, mais plutôt épisodiquement depuis que je suis à Annecy, on aimerait s’entraîner plus régulièrement ensemble, mais nous sommes souvent en contact. Nos plannings respectifs sont assez chargés, mais on arrive à faire quelques sorties à vélo ensemble. On partage une vision du sport très proche et je pense qu’on pourra en profiter ensemble lorsque l’on sera moins tourné vers la performance d’ici quelques années.

Un petit mot pour finir ?

Longue vie à Nolio !

Romain Gaultier

Communication @ Nolio

http://www.linkedin.com/in/romain-gaulthier-2b9b20154

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